Biographie de Marc-Antoine Bissière dit Louttre.B (1926-2012)

De son adolescence vécue dans le Lot, Louttre.B garde une prédilection pour la nature. Le besoin de peindre survient très tôt, dans l'atelier où il dialogue avec son père le peintre Roger Bissière (1886-1964). Les premières expositions personnelles ont lieu à la galerie Loeb en 1957 puis à la galerie Jeanne-Bucher en 1959.

L'oeuvre de Louttre.B trouve son identité au début des années 60 avec une forme de figuration qu'il décline et réactive par cycles, renouvelant en permanence son vocabulaire pictural.​ Peinture à l'acrylique, pigments mélangés au sable: l'artiste peintre explore les moyens grâce auxquels son travail atteint à la densité de la nature. Parallèlement, Louttre.B diversifie ses pratiques et multiplie les expériences. Sculptures monumentales et "fabriques" dans le Lot, commandes publiques, expérimentations de la porcelaine à la manufacture de Sèvres, gravures sur bois en taille douce et livres d'artiste. La gravure est une autre manière encore d'inscrire dans la matière les lois rudes de la terre. 

Il a exposé régulièrement en province et à l'étranger, notamment en Allemagne, au Danemark, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse. Sa première rétrospective a été organisée par la Maison des arts George-Pompidou, Centre d'art contemporain à Cajarc en 1996.

Louttre B. dans son atelier de gravure. 

Cette rétrospective a été suivie d'importantes expositions monographiques dont pour les plus récentes, celle organisée au musée de Sens en 2003, celle présentée au musée de Gajac à Villeneuve-sur-Lot en 2005 et celle du musée Henri-Martin de Cahors en 2013.
Il est représenté par la Galerie Ceysson & Bénétière depuis 2009.


Louttre.B est mort à Paris le 6 avril 2012.

Dates clés

1926

1937

1942

1943

1944

1945

1947

1949

1954

1955

1960

1961

1963

1964

1964 à 1966

15 juillet à Paris, naissance de Marc-Antoine Bissière. La tête ronde et beaucoup de cheveux "comme une loutre" dit son père, le peintre Roger Bissière; ce sera son surnom, et son nom de peintre, plus tard, en ajoutant un t pour le chiffre 7, puis la lettre B. Son enfance est marquée par le milieu artistique où il vit. Les amis de son père, Georges Braque, Laurens, le groupe de l'académie Ranson modèlent son esprit. 

Apprend la fresque avec Bissière à Boissierette. 

Premières peintures. 

Ajouté au scepticisme de son père à l'égard des études secondaires, il y a la nécessité de vivre de ce que donne la terre: Louttre travaille aux champs, puis fait du débardage où il acquiert une carrure athlétique. 

Il peint son père en Saint François d'Assise. 

Octobre, expose des pastels à la galerie de France, avec Manessier, Le Moal, Bertholle, Bissière.

Mai, maquis dans le lot et incorporation. 

Démobilisé, il reprend la peinture avec son père dans le même atelier, l'hiver, quand les travaux agricoles leur en laissent le temps, "dos à dos", dans ce que Louttre nomme la partie de ping-pong : "ce furent deux années de partage. Je lui offrais ma candeur, il m'offrait son savoir."

Participe au premier salon de mai à Paris, où il rencontre Nicolas de Staël.

S'installe à Paris, rue Saint-Victor. Fait de la peinture en bâtiment, pendant six ans. 

Repeint, avec son ami Walter Lewino, le château de Nicolas de Staël à Ménerbes dans le Vaucluse. 

Mariage avec Laure Latapie, fille du peintre Louis Latapie, ami de Bissière. 

S'installe dans un ancien atelier de confection, rue Frémicourt à paris. 

Participe au salon des réalités nouvelles au Grand Palais et jusqu'à nos jours. 

Exposition collective chez Nina Dausset et Salon d'octobre, chez John Craven. 

Voyage à Harlem, est impressionné par les Régentes et les Régents de Franz Hals. 

Commence à graver avec Fiorini, selon un procédé très particulier: la gravure en couleurs sur bois en taille-douce. Chacun tirant ses propres gravures. 

Première exposition personnelle en mars 1962 à la galerie Jeanne Bucher: c'est le début d'une longue amitié avec Jean-François Jaeger, son directeur. L'exposition sera reprise à la galerie Beyeler, Bâle, catalogue préfacé par Jacques Lassaigne. Galerie Schmücking, Brünschwig, Allemagne.  Vitraux à Marignier et à Annemasse, Haute-Savoie. 

En octobre, sa mère, Mousse, meurt; il vit dans le Lot jusqu'en 1967. 

Expose à la galerie la Nouvelle gravure, à Paris; il tapisse de planches les murs de la petite galerie, les gravures étant fixées dans les encoches du bois. 

Décembre, mort de son père: "Tout un chacun a un maître, le mien fut mon père."

Plus d'envie de peindre, Louttre passe un an dans les bois de Boissierette à couler du béton, qu'il sculpte après décoffrage. Il crée 12 sculptures monumentales en tout, d'une hauteur de 4m, peut-être dans une forme d'accomplissement du deuil. 

Ensemble de douze sculptures monumentales, béton taillé, 1966.

1965

Il restaure l'église de Boissierette: mosaïque, pierres et galets, autel en "béton sculpté", vitraux, plafond peint, tapisserie brodée sur fond de fresque. 

Participe au prix Marzotto à Milan. 
Lauréat du prix des Onze (onze critiques d'art choisissent un artiste).

Première série de peintures "au sable". 

Eglise Saint-Pierre de Boissierette, Lot, 1965. 

1966

1967

1968

Sculpture, béton taillé, lycée de Cajarc, Lot. 

Lauréat de la 5ème Biennale de gravure de Tokyo, prix O'hara.

Lauréat de la Triennale de Grenchen, Suisse. 

Grave et tire en taille-douce, textes et images, Le néon de la vie, livre critique sur la publicité édité par Alexandre Loewy. 

S'installe rue de l'Odéon à Paris. 

Réalise une fontaine en grès chamotté, à la manufacture de Sèvres, implantée au parc floral de Paris. 

Fontaine en grès chamotté, Manufacture de Sèvres, parc floral de Vincennes, 1968.

1969

Bas-relief, ciment et galets (175m2) pour la façade du lycée de Gourdon et huit sculptures en béton taillé incluses dans le mur d'enceinte. Il aborde, avec son ami Marcel Fiorini, une nouvelle étape de gravures monumentales (2 x 3m). 

1970

En octobre, ils présentent cet ensemble de dix méga-gravures à la galerie Jeanne Bucher, catalogue, préface de Gaëtan Picon. 

Louttre B crée La Danse, sculpture en ciment armé polychrome, d'une hauteur de 5m, à Soulac-sur-Mer en Gironde. 

La Danse, sculpture mise en place sur le front de mer à Soulac-sur-Mer, Gironde, 1970. 

1971

Lauréat de la Biennale de l'estampe à Epinal, "ce prix... dont j'ignorais jusqu'alors l'existence, mais auquel j'attache une valeur de symbole". 

Achève son parc de sculptures monumentales par le groupe des Admirateurs de l'heure composé d'une horloge et de cinq personnages en béton taillé. 

Participe à l'exposition "Arts hors limite", Musée d'art contemporain, Montréal, et Musée du Québec, Canada. 

Les admirateurs de l'heure, ensemble de six sculptures, béton taillé, 1971. 

1972

Musée de Limoges, catalogue, préface de Serge Gauthier. 
Grave dans la fonte d'aluminium un moule à gaufres et construit, dans le salon des réalités nouvelles, un stand pour les présenter (parc floral de Vincennes). 
Exposition au musée d'Evreux en octobre. 

Il réalise, pour la manufacture nationale de Sèvres, une pendule en porcelaine. 

1974

1976

Commence le cycle des enseignes. 

Exposition personnelle au Musée Despiau-Wlérick, Mont-de-Marsan.

Expositions personnelles à la galerie Heimeshoff à Essen, Allemagne, puis au Musée des Beaux-arts d'Agen et à la galerie Claudine Planque à Lausanne. 

Edition de son livre gravé Le tarot des familles en jeu de cartes, Editions France-Cartes, distribué par le Musée des arts décoratifs, Paris. 

Bas-relief, bois brûlé, 2 x 3m, La Règue Verte, Arcachon, Gironde. 

Le jardin de pierres dressées, sculpture à plat de pierres dressées, 40 x 30m, à Boissierette. 

Jardin de pierres dressées, et girouettes, Lot, 1978.

1977

Expositions personnelles à la galerie Martin L. de Booer à Amsterdam, à la galerie Alain Digard à Paris "peinturelures", catalogue, préface de Jean-Luc Chalumeau et au Musée Gaston-Rupin, devenu entre-temps Musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot où il dépose la totalité de son oeuvre gravée à ce jour, catalogue préfacé par Francette Woimant. Participe à l'exposition Artiste/Artisan? au Musée des arts décoratifs à Paris avec cinq grandes enseignes et trois gaufriers. 

1978

Participe à Nationale 20, exposition collective en plein air dans un tournant de la Nationale 20 avant Cahors, avec cinq girouettes en bois, tôles et fers à béton tendus détoffes. Ausole, Lot.

Expose à la galerie 410, New York. 

Assemblage au sol des éléments de la girouette: tissu, tôle et grillage sur fer à béton, pour "Nationale 20" exposition en plein air à Ausole, Lot, organisée par sa fille ainée Caroline Bissière,  1978.

1979

Du 3 mai au 23 juin, exposition "Coulheures" à la galerie Fabien Boulakia, Paris, catalogue, texte de François Mathey: "Ils sont quelques-uns qui, par des voies différentes, refusent les pièges d'une vaine abstraction ou d'une illustration redondante." Les tableaux développent une figuration minimaliste dans un grand espace. 

1981

Exposition personnelle à la galerie Le Troisième Oeil à Bordeaux, depuis cette date, et à Paris depuis 1994, tous les deux ans jusqu'en 2006. 

1983

Introduction de photographies découpées dans des magazines, collées puis intégrées en les repeignant dans la composition du tableau. 

Exposition personnelle à la galerie Fabien Boulakia à Paris, catalogue, préface de Dora Vallier. Premières vacances en Grèce. 

1984

Participe à l'exposition "Sur invitation" au Musée des arts décoratifs, Paris. 

Film, TV Luxembourg, Portraits d'artistes par Liliane Thorn. 

1985

Exposition personnelle à la galerie Fabien Boulakia à Paris à l'occasion de la parution du catalogue de son oeuvre gravée (1963-1983): Vingt ans de gravure et 442 numéros avec un texte de présentation de Bruno Foucart, Editions Hazan. 

Exposition au Centre d'art contemporain de Meymac, Corrèze, catalogue, texte de Jean-Paul Blanchet. Son travail évolue vers des plans superposés imbriqués grâce à des bandes colorées. 

Les Très Riches Heures, livre gravé, tiré à 90 exemplaires, édité par l'artiste. 

Mosaïque de marbre (60m2) à Monaco. 

Louttre.B pendant l'installation de sa mosaïque de marbre à Monaco, 1985. 

1987

Exposition à la galerie Heimeshoff, Jochen Krüper, Essen, avec Roger Bissière et Martin Bissière, son fils. Pour la première fois, les trois générations exposent ensemble, catalogue, texte de Michel-Georges Bernard. 

Exposition personnelle à la FIAC sur le stand de la galerie Fabien Boulakia.

1989

Expose à la galerie Paul Vallotton à Lausanne, catalogue, préface de Lucien Curzi et au SAGA, Paris.

Construit une maison, mosaïques, vitrail et fresques à Boissierette: la villa Dominique, du nom de sa fille cadette. 

Villa Dominique, construction progressive d'une pièce circulaire avec sol en pierres debout, fresques, mosaïques, vitrail et sculpture, 1985 à 1992. 

1991

1992

1993

1994

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Exposition des Pages de Sable au centre d'art contemporain du Mont-de-Marsan, catalogue, préface de Gérard-Georges Lemaire. "Louttre B réécrit les épisodes de son roman pictural... il inaugure l'exploration d'une forêt vierge tout en y projetant les arcanes majeures de son iconographie." Mélangeant cette fois-ci directement le pigment avec le sable, il obtient un matériau barbare et puissant pour décrire la femme et réexplorer le paysage, c'est à dire "un cycle... qui peut être considéré comme une authentique somme de ses épreuves passées et également comme leur dépassement. S'il récapitule les épisodes de son roman pictural, il les réécrit intégralement."

Entame sa deuxième série de grandes gravures "Product of France", 213 x 84cm et "Le désert des Tartares", 186 x 245cm.

Il revient brièvement à la peinture à l'huile. 

Exposition à la galerie Kutter, Luxembourg. 

Parution du premier livre consacré à Louttre. B, édité par Le Castor Astral et le CRL Aquitaine, par Baptiste-Marrey qui décrit le peintre ainsi: "Un être sensible, quasiment écorché vif, irritable dès qu'un maladroit touche à son domaine secret, un lutteur marqué par de multiples déconvenues, un rêveur plein d'humour, un chaleureux à qui ne manquèrent pas les rebuffades, un tendre et un délicat qui, pudeur ou décence, a horreur d'étaler ses tourments, peut-être son drame."

Exposition à la galerie Biren, Paris, à l'occasion de deux livres gravés: Le Bogjo's Bohmp, tiré à 30 exemplaires avec un texte de Walter Lewino, et Pauvre Gaspard, sur un poème de Paul Verlaine, édité à 25 exemplaires. 

Rétrospectives: de la peinture depuis dix ans à la Maison des Arts Georges Pompidou à Carjac, d'une série de sculptures au Musée Zadkine, Les Arques, et de la gravure au Grenier du Chapitre à Cahors, Lot. Un catalogue paraît à l'occasion de ces trois manifestations avec un tete de Philippe Piguet. 

La ville de Périgueux organise trois expositions dans trois lieux de la ville: la peinture au Musée du Périgord, la gravure au Centre culturel de la Visitation et les livres gravés à la Bibliothèque municipale. 

Expose à la galerie Le Troisième Oeil, "Sable Show",Paris, et aux galeries Kutter, Luxembourg, et Heimesshoff, Essen. 

Art expo à New York. 

"Cool heure", galerie Le Troisième Oeil, Paris et Bordeaux. 

Galerie Namy-Caulier, Paris expose gravures et sculptures Les blondes d'Aquitaine, série de figures féminines en pierre tendre.

Expose à la galerie Le Troisième Oeil, Paris et Bordeaux, Mes campagnes de l'an II.

Participe à "la nouvelle école de Paris 1941-1965", Centre d'art contemporain, Abbaye de Beaulieu (Tarn-et-Garonne). 

Exposition d'été au Palais synodal des Musées de Sens avec catalogue (Baptiste-Marrey, Michel-Georges Bernard, Bernard Ethuin Coffinet, Paul Pavlowitch). Apparait le thème de la licorne, clin d'oeil à la fameuse "dame à la licorne" et à un vitrail de la cathédrale de Sens, qui sera repris ensuite (peintures et gravures). Commentaire: "Un maçon peut être sûr de son travail; pour moi, tout est incertain."

L'exposition sera suivie de la donation de 458 gravures, constituant toute la production gravée de l'artiste depuis le dépôt de 1983 à Villeneuve-sur-Lot avec catalogue, textes de Gérard Sourd et de Lyduvine Saulnier-Pernuit. 

Galerie Le Troisième Oeil, Bordeaux, Les licornes sont de retour. Musée d'art et d'histore, Neuchâtel, Suisse, donation Jeunet: participe avec deux oeuvres. 

2004

Galerie La Daurade, Toulouse, envahit La Grange et le Musée de l'imprimerie à Ussel, Corrèze. 

2005

"Naturellement", galerie Le Troisième Oeil, Paris et Bordeaux, Musée de Cajac, Villeneuve-sur-Lot:dans le catalogue, textes de Lydia Harambourg.

Portraits de Familles, film France 3 sud TNT, par Annie et Paul Pavlovitch. 

Plafond de la chapelle du Castel, Valence d'Agen, Tarn-et-Garonne.

2006

"50 ans de peinture en France, une galerie, une collection", la donation de Jean Pollak, Musée de Cahors. 

Galerie Namy-Caulier: gravures. 

Maison des arts d'Antony, "La peinture est-elle toujours aimable?" où il expose aux cotés de quatre de ses amis. 

2007

Participe à l'exposition "Abstraction pensive", Musée de Cajac, catalogue préfacé par Bernard Noël, et exposition à la galerie Ariel, Paris. 

2009

Exposition personnelle "Les Hautes Terres" à la Galerie Bernard Ceysson, à Paris, où il exposera régulièrement jusqu'à sa mort. 

Exposition personnelle "À chacun sa campagne", Galerie Anne-Marie Marquette – Le troisième oeil, Paris

2010

Exposition personnelle à l'espace Parangon, Luxembourg.

2011

Exposition collective "Les Années fertiles" à la Galerie Bernard Ceysson, Luxembourg 

Château de Ratilly (catalogue)

2012

Exposition personnelle "L’insolente nécessité de la peinture" au Musée Henri Martin, Cahors.

Exposition personnelle à la Galerie Bernard Ceysson, Paris.

Mort de Louttre B le 6 avril, à Paris. 

 © 2020 Louttre.B 

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